Affaire SAFCACAO – les avocats de la société font des révélations

Lundi 27 Août 2018

L’affaire SAFCACAO connaît un nouvel épisode. En effet, l’avocat conseil de l’entreprise détenue par trois Ivoiriens d’origine libanaise, Me Sangaré Bema, s’est indigné en faisant d’importantes révélations, au cours d’un entretien avec la presse, samedi à Azalai hôtel,  à Marcory

Selon lui, le représentant du liquidateur aurait levé le lièvre au cours d’une rencontre avec les travailleurs qui n’ont pas caché leurs inquiétudes.

« La campagne de commercialisation débute en octobre. C’est pour bientôt. On nous a bloqués. Est-ce qu’on sera autorisé à acheter ? », avait  interrogé un employé, raconte l’avocat. « Tout dépend du Premier ministre Amadou Gon Coulibaly. C’est lui qui décide », aurait répondu le représentant du liquidateur.  « Tout profite donc au Premier ministre. C’est ce que les déclarations me donne à croire », déduit l’avocat. « Ça alimente les rumeurs. Tout se dit. Une entreprise en liquidation alors que les usines fonctionnent et les salaires sont payés correctement. D’où viennent ces fonds ? Qui a intérêt à ce que l’outil soit préservé jusqu’à la liquidation et à la cession au profit de qui ? », interroge l’avocat qui appelle l’exécutif à éviter ses interférences dans ce dossier pendant devant la justice. « Qu’on respecte la forme, qu’on respecte le droit. Nous ne cherchons pas de passe droit », martèle Me Sangaré Bema. « Je suis peiné de voir que des services communication de la présidence, de la primature et du ministère de l’Economies et des Finances donnent des documents à la presse (Agence Bloomberg) pour dire que SAFCACAO a été liquidée. Je suis un justiciable, je n’ai de contentieux ni avec la présidence ni avec la primature. J’ai un contentieux avec une personne de droit moral, même si l’Etat y a des intérêts. Mais pendant que la justice est censée rendre une décision, et que la présidence et la primature donnent une orientation, vous voulez que le juge se détermine comment dans un Etat comme le nôtre où c’est l’exécutif qui nomme le juge ? », interpelle-t-il.

 

Pourquoi refuse-t-on d’écouter les banques ?

Le juriste comprend difficilement l’entêtement des juges à aboutir coûte que coûte, et avec une célérité qui défie toute règle de droit, à la liquidation de la société. Dans la procédure engagée contre la société, douze banques de la place dont 10 filiales de banques étrangères, se sont engagés à l’accompagner.  La société avait été assignée en justice pour le paiement d’une facture de 16,67 milliards Fcfa relative au Droit unique de sortie (DUS), la taxe d’enregistrement et les taxes ISPS sur un stock de cacao encore en entrepôt. En cours d’instance, à la suite des débats, ce montant passe à 7,4 milliards Fcfa dont 293 millions Fcfa pour Chocco Ivoire. Son client américain qui devait enlever ce stock de 60 000 tonnes a fait faillite et SAFCACAO a dû se battre pour trouver un repreneur, mais le conseil du café cacao a refusé de renouveler les contrats de vente sans lesquels la commercialisation du cacao ne peut être possible. « Pour vider la procédure de son objet, nous avons proposé de payer ce montant ; au moins on n’aurait pas liquidé Chocco Ivoire. Mais nous n’avions pas été suivis », explique Me Sangaré Bema. Sur les 7 milliards, son client proposait de payer un milliard et les banques s’engageaient à l’accompagner à hauteur de 4 milliards Fcfa. Il ne resterait donc qu’un montant de 2,4 milliards Fcfa à payer, par une société dont les actifs sont évalués à 55 milliards Fcfa. Curieusement, cette société qui emploie génère plus de 3000 emplois directs et 10000 emplois indirects  au moins dans la région de Sassandra est embarquée aveuglement dans une procédure de liquidation.

Le groupe SAFCACAO rapporte annuellement entre 72 milliards Fcfa aux caisses de l’Etat ivoirien, en termes de paiement d’impôt et de taxes diverses. En 2016, son poids lui a valu d’être classée 12ème entreprise africaine.

Emmanuel Akani


Source: Minutes Eco

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Alain Kouadio a toujours fait de l’entrepreneuriat en Côte d’Ivoire son cheval de bataille. Il a occupé les fonctions d’Administrateur et Vice-président (de 2013 à 2017) de la Confédération des Grandes Entreprises de Côte d’Ivoire (CGECI) en charge de la stratégie de l’Entrepren... Lire la suite Voir plus


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