Indice Mo Ibrahim de la gouvernance africaine 2018 – La Côte d’Ivoire en dessous de la moyenne en matière de gestion publique

Tuesday 30 October 2018 / La ville d'Abidjan, Côte d'Ivoire

L’indice Mo Ibrahim de la gouvernance africaine (IIAG) 2018, publiée ce lundi 29 octobre à Londres et à Dakar, a montré que les progrès réalisés sur le continent africain en matière de gouvernance restent en-deçà des attentes d’une population fortement croissante et de plus en plus jeune. « Le niveau de Gouvernance globale en Afrique maintient une tendance moyenne à l’amélioration au cours de la décennie écoulée, et environ trois citoyens du continent sur quatre (71,6 %) vivent en 2017 dans un pays où la gouvernance s’est améliorée », note Mo Ibrahim foundation.

Trop de gouvernements ont échoué à convertir la croissance économique de leur pays en Développement économique durable pour leurs concitoyens. Aussi la disparité des scores de Gouvernance globale entre pays africains est-elle de plus en plus marquée. La progression moyenne du continent est en réalité désormais uniquement tirée par une quinzaine de pays qui accélèrent leur progression au cours des cinq dernières années. La fondation souligne le bond spectaculaire réalisé entre 2008 et 2017 par le Kenya, le Maroc et la Côte d’Ivoire.  Si 27 pays du continent enregistrent une amélioration en termes de Développement économique durable sur la décennie, pour 25 autres, hébergeant près de la moitié (43,2 %) des citoyens du continent, cette dimension est en régression.

 

Ces scores de la Côte d’Ivoire qui montrent la stagnation     

En termes de gouvernance globale, la Côte d’Ivoire pointe à la 22ème place sur 54 au classement de la catégorie, avec un score de 54,5 points sur 100. Le taux moyen annuel de progression est de +1,41% depuis 2008 et +1,53% depuis 2013. Ces chiffres traduisent une performance réalisée grâce à la mise en œuvre de réformes structurelles dans divers secteurs de l’économie ivoirienne. Aussi étonnant que cela puisse paraitre, l’indice Sécurité et Etat de droit affiche un score de 59,4 points. Participation  et droits humains s’établit à 55,8 ; Développement humain à 53,8 et Développement économique durable 49 points.

Concernant la catégorie gestion publique, la Côte d’Ivoire obtient une note de 47,9 sur 100 et se classe 20è sur 54. Le pays qui enregistre un taux moyen annuel de +1,28% en 2008 contre 0,58% depuis 2013 connait une progression ralentie depuis 5 ans dans un secteur aussi stratégique que la gestion publique. Le plus bas score est réalisé au niveau de l’indice diversification des exportations : 14,4 points ; suivi – En ce qui concerne les indices au rouge, suivent dans l’ordre  ceux des services publics en ligne » (25,5), de l’équilibre budgétaire (30,5) et de la mobilisation d’impôts et recettes (46,5). A l’opposé, cinq indices sont au vert, le pic étant la politique budgétaire qui carracole à 69,9.  Viennent ensuite les indices Gestion budgétaire et financière qui affiche 67,7 points sur 100, Efficacité de la fonction publique (66,1), Système statistique public (61) et  Etat civil (50).

Accès à l’information publique et législative arrive en tête (58,3 points), suivi de Absence de corruption au sein du gouvernement (56,2) ; Redevabilité du gouvernement et des agents publics (53) ; Accès à l’information financière et comptable des entreprises publiques (50) ; Absence de corruption au sein du secteur privé (49.7) ; Absence de favoritisme (44.4) ; Dispositifs anti-corruption (44,4) ; Absence de corruption au sein du secteur public (40.8) et, enfin, Sanctions pour abus de pouvoir (28.6).

En matière d’infrastructures, la Côte d’Ivoire a un score de 53,5 points sur 100, nettement au dessus de la moyenne d’évolution estimée à 1,45% par an depuis 2013 contre 0,50% depuis 2008. Dans l’ordre décroissant, les scores d'indicateurs dans cette catégorie sont les suivants : Infrastructures numériques et des TI (67.3), Infrastructures de transport (66.7), Environnement favorable au développement des infrastructures (62.8), Fiabilité du réseau électrique (49.1), Accès à l'eau potable (42.2) et Satisfaction publique en matière de services d'eau et d'assainissement (32.8).

L’état de droit et le secteur rural, des échecs

Pour ce qui touche à la catégorie état de droit, la note de 57,2 sur 100, qui assure une place à la 24è sur 54 au classement, parait très flatteuse. La progression affichée de +3,65% par an – qui marque une accélération par rapport au +2,51% depuis 2008 – cesse de charmer quand l’on se réfère à des indices clés qui enregistrent des scores minables. Ainsi de l’indépendance de la justice ((35,7 points), Mécanismes constitutionnels de transferts de pouvoirs (33,3) et Absence de sanctions multilatérales (100%). Même les trois scores au dessus de la moyenne ne semblent pas du tout refléter la réalité : Indépendance et transparence du processus judiciaire (54.2), Accès à la justice (57.7) et Droits de propriété (62.4).

Au niveau du secteur rural, la note de 38,5/100 obtenue n’est plus ni moins qu’un blâme pour la Côte d’Ivoire, classée 45è/54. Des huit indices, un seul est au dessus de la moyenne : Équilibre budgétaire de la politique publique agricole (78.0). Les autres indices se passent de commentaires : Accès au foncier rural et aux ressources en eau à usage agricole (32.4), Environnement économique du secteur rural (33.6), Investissement du gouvernement pour le développement rural (25.0), Accès aux services de recherche et vulgarisation agricole (39.9), Participation des organisations rurales (37.6), Promotion de la parité au sein des organisations rurales (25.0) et Redevabilité et transparence publiques en zone rurale (36.3).

Emmanuel Akani

 


Source: Minutes Eco

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Professeur titulaire et Directeur du Laboratoire d’ingénierie financière de l’Université Laval (LABIFUL) au Canada

Prof. Issouf SOUMARÉ est Professeur titulaire et Directeur du Laboratoire d’ingénierie financière de l’Université Laval (LABIFUL) au Canada. Il est également le Président-Fondateur de l’INSTITUT SOUMARÉ DE LA FINANCE et de l’UNIVERSITÉ SOUMARÃâ... Lire la suite Voir plus


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