Bingerville / Mbatto Bouaké – Les doyens récusent le chef Anoman Badiglon accusé de malversations diverses et appellent à sa destitution

Vendredi 26 Février 2021

Des notables du chef intérimaire et doyens de M’Batto Bouaké, village Gwa de la sous-préfecture de Bingerville, appellent les autorités administratives à « se pencher sereinement sur la situation qui prévaut dans la localité, afin d’y trouver une solution définitive, à travers la validation du choix d’un nouveau chef du village. » Par la voix de Kouadjo Agnobey Jérôme, premier notable du chef intérimaire, et du doyen Amafou Germain, ils ont traduit leurs attentes au cours d’une rencontre organisée à cet effet le mercredi 24 février 2020, à Abidjan, Riviera Palmeraie. Ces doyens dénoncent les violences récurrentes perpétrées par le chef du village de M’batto Bouaké, Anoman Badiglon, suspendu depuis le 21 juillet 2020 et remplacé par un intérimaire, en la personne de Gbéi N’douffou. Ce fut le cas le 13 février dernier quand ses partisans ont empêché, par des actes de barbarie, la tenue d’une réunion à laquelle le sous-préfet  de Bingerville devait assister sur la place publique du village, en vue de la désignation d’un nouveau chef du village.

La collision avec des opérateurs économiques 

Récusé par les anciens, le chef Badiglon est accusé de violences et malversations diverses qui lui valent d’être poursuivi par la justice et contraint de vivre caché. L’un des faits qui lui sont reprochés porte sur un lotissement réalisé par la société GEDEF. La convention liant la société au village dans ce cadre a été signée sous son prédécesseur, le chef N’dah Angbeni, et elle stipulait que 30% des lots sont destinés à l’opérateur contre 70% pour les propriétaires terriens. Mais avec la gestion opaque faite par le chef suspendu, il a fallu que la chefferie intérimaire obtienne de la justice, par ordonnance, une copie du guide au ministère de la Construction, pour se rendre compte des dégâts.  Le procès-verbal de constat du commissaire de justice montrera que sur un total de 3028 lots, ce sont 1559 lots qui sont revenus à l’opérateur, soit 52%, au lieu de 908 lots qui correspondaient aux 30% mentionnés dans la convention. Ainsi, seulement 1469 lots sont revenus aux propriétaires terriens, soit 48% des parcelles, au lieu de 2120 lots (70%). Il ressort que 67 lots appartenant à la coopérative des planteurs de palmiers à huile dont les membres sont bien connus ont été vendus par Anoman Badiglon et  son président du foncier, Odjé Michel. Dans ce dossier, 1311 attestations d’attribution ont été délivrés à raison de 400.000 Fcfa chacun ; ce qui donne un montant de 524, 4 millions Fcfa dont les caisses du village ont été spoliées.

La vente unilatérale de parcelles communautaires... 

Un autre dossier, toujours dans le foncier, concerne la vente des parcelles communautaires. Il ressort dans ce cadre qu’une parcelle de 38 ha située à Akakro a été vendue à la société Zoh Henan Godji à un montant de 1,53 milliard Fcfa, sans le consentement des villageois, des doyens du village, des chefs de terre, ni des membres de la génération Gnondôh au pouvoir. Une autre parcelle, d’une superficie elle de 50 ha, a subi le même sort, cédée sans consultation des villageois ni procès-verbal à Victoire Immobilier, sans que le montant ne soit révélé. Sur ces deux dossiers, aucun bilan n’a été fait à ce jour par le chef suspendu, qui s’est contenté de rétorquer au sous-préfet de Bingerville qui lui demandait des comptes qu’un chef de village ne fait pas de bilan.

En outre, le 9 août 2015, le chef Anoman Badiglon a établi une attestation de propriété foncière coutumière à la société SONECA, pour une parcelle de 125 ha sis à M’Batto Bouaké alors qu’il n’avait même pas encore reçu son arrêté préfectoral.  « Ce lotissement dénommé Potou Sud a été annulé en 2018 parce que les propriétaires terriens se sont opposé à ce projet. Malgré tout, le chef et ses hommes réaliseront sur cette parcelle un autre lotissement dénommé Apponian résidentiel, au détriment des propriétaires terriens et en complicité avec la société SONECA. En conséquence, ce problème a été porté devant la justice. En définitive, la gestion d’Anoman Badiglon Edouard qui rêve de revenir à la tête du village a été un gouffre financier pour le village de M’Batto Bouaké et ses natifs qui réclament aujourd’hui justice.

Emmanuel Akani 











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Nina Keita

Directeur général adjoint de la GESTOCI ( Société de Gestion des Stocks pétroliers de Côte d’Ivoire) depuis le 19 juin 2019

Originaire de Côte d’Ivoire et titulaire d’un MBA de la Columbia Business School obtenu en 2018 et d’un master de l’Ecole supérieure des sciences commerciales d’Angers. Nina a débuté sa carrière dans l’industrie de la mode, devenant l’égérie de marques prestigieuses telles ... Lire la suite Voir plus


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