Echanges autour d’une étude de l’AFD - Le patronat ivoirien donne sa vision des classes moyennes

Dimanche 17 Décembre 2017

Une étude sur les classes moyennes ivoiriennes réalisé pour l’Agence française de développement (AFD) par LAM Science Po Bordeaux, GReTha Université de Bordeaux et l’Ensea a révélé que les classes moyennes ivoiriennes représentent 26,4% de la population. Le patronat ivoirien, intéressé par cette étude, s’est retrouvé le vendredi 15 septembre 2017, au siège de la CGECI au Plateau, autour d’une table ronde avec les responsables de l’AFD afin d’en savoir un peu plus. Autour du thème « Les classes moyennes, levier de développement du secteur privé ? », les membres du secteur privé ont donné leurs impressions sur l’enquête et fait des propositions dans le sens de la dynamisation des classes moyennes ivoiriennes. A l’ouverture des travaux de la table-ronde, le Directeur exécutif de la CGECI Vaflahi Méité a souhaité la bienvenue à ses hôtes de lAFD exprimé l’espoir que les résultats de l’étude pourront aider le secteur privé dans son dialogue avec les pouvoir publiques.

Ce que révèle l’étude

Que retenir principalement de cette étude ? Elle visait essentiellement à identifier et caractériser les classes moyennes, comprendre le processus de formation de ces classes moyennes, déceler les enjeux socioéconomiques et les défis pour les politiques publiques. Selon la présentation faite par Jean Philippe Berrou, chercheur au sein du Laboratoire les Afriques dans le monde (LAM), les estimations ont été obtenues à partir de l’analyse de la distribution des revenus des ménages ivoiriens en 2015. Les revenus de ces ménages composés de 4 personnes sont compris entre 95500 et 455 000 francs CFA. Autre indicateur, les classes moyennes ivoiriennes sont en grande partie composées de personnes issues du secteur informel. Ainsi, on dénombre les travailleurs informels (39%), les agriculteurs informels (25%), les dirigeants et cadres du secteur public (17%), les retraités inactifs (15%), la classe intermédiaire formelle (4%).

Selon les explications de M. Berrou, « 48,1% des chefs de ménages de cette catégorie est sans éducation » et est majoritairement urbaine, seulement 16% de la classe moyenne résidant dans la capitale économique, Abidjan. « Le positionnement de la classe moyenne dans le jeu de la redistribution sociale informelle est matérialisé par le constat que cette catégorie est celle qui consacre en moyenne les montants les plus importants aux transferts de revenus : de l’ordre de 20 % de leur revenu. Les entretiens qualitatifs permettent aussi d’y déceler des comportements et aspirations communes : un même goût pour l’effort sur soi, pour la promotion de soi et le mérite ; une même importance accordée à l’éducation des enfants (conduisant assez largement les membres de la classe moyenne à opter pour le secteur privé dès lors que le secteur public est défaillant – « l’école est le parent pauvre de la Côte d’Ivoire ! » selon un des interviewés) ; un même effort soutenu d’épargne (en fonction des moyens disponibles) ; un même positionnement très individualiste, refusant les formes d’identité collective, se tenant à l’écart de l’Etat et des enjeux politique et se définissant par différenciation « ni riche ni pauvre » indique l’étude.

Au final, quels enseignements pour les opérateurs économiques du secteur privés ? Les enquêteurs estiment que l’hétérogénéité des classes moyennes ivoiriennes peut être bénéfique pour la question de l’épargne et favoriser des offres de produits financiers adaptés à l’image du mobile money. Autres intérêt, les demandes sociales de ces classes sont satisfaites par les opérateurs économiques privés, notamment dans le domaine de l’éducation, la santé et la sécurité. L’étude estime en outre que le fait que les classes moyennes soient des entrepreneurs plutôt que des salariés a un avantage certain dans l’optique de booster la consommation.

Inquiétudes et vision du secteur privé

Après analyse des données ainsi livrées par l’AFD, les membres de la CGECI participants à la table ronde ont fait chorus sur un facteur important pour l’économie qui n’a pas selon eux été pris en compte. Il s’agit de la consommation. Ils estiment que cette étude, bien que pertinente, aurait été plus complète si elle n’avait pas seulement été basée sur le critère du revenu. Une étude de la consommation aurait été plus dynamique selon les intervenants. « Il ne faut pas faire un focus sur la classe moyenne. Il faut construire une classe moyenne qui consomme pour dynamiser l’économie», a soutenu Patrick Mbengue, administrateur à la CGECI. Pour lui, on ne peut pas bâtir une stratégie d’émergence sur cette classe moyenne qui a des revenus aléatoires et pose donc un problème de durabilité. « S’il n’y a pas de niveau de pourcentage de la classe moyenne capable d’impacter l’économie, cette étude me laisse sur ma faim », a indiqué Addy Noguès, de la CGECI.

En guise de réponse aux différentes observations, Mihoub Mezouaghi, directeur adjoint de l'innovation et de la recherche à l'AFD Paris, a tenu à préciser que l’enquête réalisée n’était pas une étude de marché. Toutefois, les leviers d’augmentation des revenus existent. Il s’agit premièrement du renforcement du mécanisme de cohésion sociale, de redistribution sociale mais aussi la promotion de l’auto-entreprenariat, gage selon lui, d’augmentation du niveau de consommation.



Stéphane Bahi



Source: Minutes Eco

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