Infrastructures portuaires, logistique et entreposage – SDMA veut être un acteur majeur sur les ports d’Abidjan et de San Pedro (DG Emile Gnagra)

Mardi 22 Novembre 2022

Le directeur général de la Société de Dédouanement Maritime et Aéroportuaire (SDMA), Emile Gnagra, fait le bilan des activités de la plateforme logistique ouverte à Bouaflé un an après son inauguration et décline les perspectives à court, moyen et long terme de l’entreprise.

9 octobre 2021 - 09 octobre 2022. Cela fait un an que la plateforme logistique SDMA de Bouaflé a été inaugurée. Quel bilan faites-vous de ses activités ?

On va dire que le bilan est mitigé. Sur le plan de la rentabilité de SDMA, le bilan est très positif parce que tous les investissements qui ont été faits ici à Bouafle sont en voie d'être rentabilisés. Nous avons une plateforme de 4 hectares sur laquelle nous avons aménagé des pavés sur une superficie d’un hectare et demi en location longue durée. Nous avons aussi bâti, sur cette plateforme, deux entrepôts de 2000 m² et 1600 m² respectivement, qui sont tous occupés. Enfin, nous avons construits deux bâtiments administratifs et un espace bitumé d’environ un hectare pour le parking des camions. J’ai dit mitigé parce que, à l’ouverture du site, nous avons fait à la ville de Bouaflé la promesse de créer des emplois. Le fait que le site soit entièrement occupé par des clients pour leurs activités d’entreposage et de manutention ne nous a pas permis de recruter, sur place à Bouaflé, du personnel en nombre important pour le compte de SDMA. C’est pour cela que nous disons que c’est un bilan mitigé. Sinon, il y a du personnel sur le site : que ce soit ceux des clients, des sociétés d’intérim, des agents de sécurité ou quelques travailleurs permanents et saisonniers propres à SDMA.

Que comptez donc vous faire pour rattraper cela ?

 

Nous avons un site de 4 hectares et nous avons déjà exploité 3 hectares. Nous prévoyons donc faire des investissements sur la partie qui reste, c’est-à-dire une parcelle d’un hectare. Nous allons l’aménager rapidement et y installer un entrepôt qui pourra emmagasiner les produits de la région, à savoir le cacao, le café, etc. Dans la foulée, nous prévoyons aussi de monter sur place une petite unité de transformation d’hévéa qui va occuper la jeunesse de Bouaflé.

 Vous avez investi environ 1
milliard 700 millions FCFA dans la réalisation de ce port sec et le bilan est positif pour l’entrepreneur que vous êtes. Peut-on avoir une idée de ce retour sur investissement en termes de chiffres ?

Nous avons inauguré le site en octobre 2021, mais nous avons commencé à l’exploiter depuis fin 2020. Aujourd’hui, nous pouvons dire que nos revenus sont satisfaisants au regard des prévisions. La création de plateformes régionales dans les villes est une idée porteuse. C’est pourquoi il faut soutenir l’idée de l’Etat à travers l’Autorité de régulation du système de récépissé d’Entreposage (ARRE). Cette autorité envisage d’organiser la gestion des produits locaux comme industriels et de les rendre disponibles aux opérateurs économiques. L’Etat encourage par ce canal les opérateurs économiques à créer des plateformes dans les villes pour favoriser la mise en place de la bourse des matières premières agricoles qui sera logée à la BRVM. C’est une formidable idée.

La plateforme logistique de Bouaflé est intégralement mise en location et il y a d’autres clients qui attendent et qui veulent que nous gérions leurs différentes productions de façon professionnelle. Nous envisageons donc d’installer des plateformes logistiques dans d’autres localités, telles que Yamoussoukro où nous avons déjà acquis un terrain. Nous allons y faire des aménagements modernes très bientôt. Aussi, nous envisageons de prendre pied dans les infrastructures portuaires avec les travaux de la plateforme de San Pedro. Nous comptons négocier la levée de fonds auprès de certains organismes financiers pour ces projets.

Bénéficiez-vous d’un appui quelconque de l’Etat ? Ou alors, est-ce qu’il vous facilite les choses dans le déploiement de vos activités ?

Notre modèle ne repose pas sur l’apport financier de l’Etat. A notre avis, l’Etat met des infrastructures en place et c’est à l’entrepreneur de trouver ses moyens pour faire fructifier sa société et en faire bénéficier l’Etat en s’acquittant de ses obligations sociales et fiscales. Nous n’avons pas de barrière au niveau de notre secteur d’activité. Nous avons approché la Primature et le CEPICI pour leur présenter notre projet à long terme. Nous croyons en la capacité des opérateurs économiques et pensons que l’Etat a déjà mis en place plusieurs institutions qui facilitent l’investissement et l’éclosion des idées des entrepreneurs.

 Quelle est la vision de SDMA ?

 

La vision de SDMA, c’est d’accompagner l’Etat vraiment dans la collecte des fonds mais aussi dans la maîtrise des flux sur les imports et exports. C’est pourquoi nous voulons investir massivement dans les infrastructures portuaires dans les cinq prochaines années. Hier, c’était BOLLORE qui gérait les ports, aujourd’hui c’est MSC qui gère les ports d’Abidjan et de San Pedro. Actuellement, nous voulons aider en aval en tant que relais, pour que la nouvelle structure (MSC) puisse mieux accomplir sa mission régalienne de gestion des ports. C’est un secteur très névralgique et nous réaffirmons notre volonté d’apporter notre modeste contribution dans la gestion des flux locaux/nationaux mais aussi transfrontaliers. Nous voulons être un acteur majeur sur les deux ports maritimes.

 Que pouvez-vous dire à la population de Bouaflé, ville qui abrite votre première plateforme logistique et dont les habitants, particulièrement les jeunes, devraient à priori bénéficier d’opportunités d’emplois ?

 

A la population de Bouaflé, nous voulons encore faire part de notre sentiment mitigé car même si nous sommes satisfaits de la profitabilité de la plateforme, au plan de l’impact social beaucoup reste à faire. Les investissements supplémentaires que nous comptons faire incessamment devraient avoir un impact plus fort sur la jeunesse de Bouaflé en termes de création d’emplois. Ils peuvent faire confiance à SDMA. Nous ne les avons pas oubliés.

Interview réalisée par Emmanuel Akani et SD


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